Arbitres de touches Bénévoles Insultés en District
Arbitres Bénévoles Insultés : Qui Fait Encore la Touche en District ?
Football amateur • Juges de touche bénévoles • Respect des arbitres • District / Régional
Dimanche matin, 9h30. Un sac posé contre la main courante, un drapeau orange-jaune usé, un souffle court avant le coup d’envoi.
Michel n’est pas arbitre officiel : c’est un arbitre bénévole de touche, éducateur depuis 15 ans. Aujourd’hui il dépanne
parce qu’il manque un assistant. Dans 10 minutes la première pique, dans 20 le premier cri, à la pause l’envie de lâcher.
Et pourtant il reste. Parce que sans ces femmes et ces hommes, il n’y a pas de match. Point.

Pourquoi les bénévoles remplacent les arbitres officiels
Dans la plupart des Districts, la pénurie d’arbitres officiels est une réalité qui dure.
Les calendriers sont serrés, les terrains pleins, les éducateurs engagés… mais l’arbitrage ne suit pas.
Résultat : les clubs s’appuient sur des juges de touche bénévoles — dirigeants, éducateurs, parents —
pour faire tenir la journée de championnat. C’est le système D, celui qui évite qu’un match saute.
On l’oublie trop souvent : le juge de touche bénévole n’est pas un arbitre central bis.
Il assiste : sorties de balle, positions de hors-jeu, remises en jeu. L’arbitre central demeure le seul décisionnaire.
Autrement dit : même quand un bénévole se trompe, c’est au central d’arbitrer, pas aux tribunes de rendre le verdict.
Côté club, l’organisation est spartiate : un coup de fil le samedi soir, « tu peux tenir la touche demain ? »,
un brief rapide avant le match (gestuelle, alignement, principe du hors-jeu), et on y va. Sans indemnités, sans projecteurs.
Juste pour que les enfants et les seniors jouent.
Insultes et agressions : témoignages de juges de touche amateurs
Les phrases qui reviennent chaque dimanche
Le arbitre amateur insulté n’est pas un mythe : c’est un rituel usant.
« T’y connais rien », « achète des lunettes », « bouffon », « vendus »… Paradoxalement, ce sont souvent les
adultes – quelques parents, quelques dirigeants visiteurs – qui chauffent l’ambiance.
La légitimité perçue du bénévole est plus fragile qu’un badge officiel : on croit qu’on peut se lâcher.
Pourtant, l’essentiel est ailleurs : ces juges de touche bénévoles permettent au match d’exister.
Sans eux, pas de trios arbitraux, donc pas de rencontres terminées. Les joueurs repartent frustrés, les enfants déçus,
les éducateurs au milieu. Insulter un bénévole, c’est tacler son propre club.
Quand les insultes deviennent des agressions physiques
Dans certains cas, les mots franchissent la ligne blanche. Parking tendu, bousculades,
intimidations jusque tard dans la soirée : la violence dans le football amateur n’épargne pas les bénévoles.
On a vu des suspensions exemplaires (jusqu’à 25 ans) après l’agression d’un arbitre bénévole.
Il faut le redire : l’après-match n’est pas un tribunal.
Reportage — violences envers arbitres dans le foot amateur (YouTube).
Les chiffres alarmants du football amateur en 2024-2025
Au-delà des anecdotes, les indicateurs confirment la dérive :
agressions, incivilités, grèves d’arbitres, commissions disciplinaires répétées.
Ces données ne sont pas là pour faire peur ; elles éclairent le besoin d’une réponse collective.
📊 Les chiffres choc du football amateur (2024-2025)
- 245 violences physiques contre arbitres (saison 2023-2024)
- 110 agressions recensées au 28 février 2025
- 45 commissions disciplinaires en Haute-Garonne seule
- 460 arbitres en grève en Alsace
- 25 ans de suspension pour agression d’un bénévole
Sources : presse régionale/nationale, communications de districts et fédération.

Ce contexte pèse sur le recrutement d’arbitres : qui a envie d’endosser un rôle où la passion
se mélange aux cris ? Beaucoup d’anciens joueurs hésitent à passer la formation. D’autres arrêtent
au bout d’une saison, rincés mentalement. Sans changement d’ambiance, la pyramide se vide par le haut et par le bas.
Pourquoi les bénévoles continuent malgré les violences
Parce que le jeu vaut la peine. Parce que voir un U13 marquer son premier but n’a pas de prix.
Parce qu’un dimanche de District, c’est le village qui se retrouve. Les bénévoles ne cherchent ni prime ni gloire :
ils veulent que « ça joue ». Beaucoup le disent : « Si nous on arrête, qui tiendra la touche ? »
Il y a aussi la dimension éducative : les enfants nous regardent. Quand un parent hurle sur un bénévole,
il apprend à son fils qu’insulter un officiel est normal. Quand un staff félicite et serre la main du juge de touche,
il montre la voie. On récoltera demain ce qu’on sème aujourd’hui au bord du terrain.
Enfin, il y a la fierté tranquille de rendre service à son club. Tenir la touche, installer les buts,
ramasser les chasubles, offrir un café à la table de marque… Le bénévolat, c’est la colle invisible de notre football amateur.
Comment protéger les arbitres bénévoles : solutions et initiatives
On peut agir dès ce week-end. Pas besoin d’attendre un plan national pour changer l’ambiance d’un match.
Voici un kit de terrain, simple et efficace, testé dans de nombreux clubs.
- Nommer un référent “bord de terrain” par rencontre (parent/dirigeant identifiable) chargé de
désamorcer les débordements et de servir d’interlocuteur unique avec l’arbitre. - Brief express du juge de touche bénévole (10 min) : alignement, signaux, coordination avec le central,
rappel que le central décide. Donner un petit mémo plastifié, c’est encore mieux. - Charte visible à l’entrée et près des bancs : « Ici on remercie les bénévoles, on ne les interpelle pas ».
- Zone parents matérialisée et rappel micro/affiche avant le coup d’envoi. Les mots comptent.
- Exemplarité du staff : un porte-parole sur le banc, pas de contestation chorale. On montre l’exemple.
- Traçabilité : tout incident est écrit (PV interne / rapport) et envoyé. Sans signalement, pas de correction.
- Rituels positifs : poignée de main publique au bénévole avant et après, photo d’équipe avec lui/elle,
remerciement sur les réseaux du club. La reconnaissance protège.
3 phrases autorisées en tribune
- « Allez les enfants ! »
- « Bravo ! »
- « Merci aux bénévoles ! »
Adresse directe au juge de touche ou à l’arbitre : 0. On passe par le référent club, point.
Enquête — pourquoi les arbitres (dont bénévoles) deviennent cibles (YouTube).
Le week-end prochain, regarde la touche. Cette personne qui tient le drapeau a peut-être préparé la buvette avant toi,
monté les buts à 8 heures, consolé un gamin après une blessure. Ne l’insulte pas. Dis-lui merci.
Si ces bénévoles posent le drapeau, c’est tout notre football du dimanche qui s’arrête. Et nous avec.
FAQ — Respect & arbitrage bénévole (foot amateur)
Un juge de touche bénévole a-t-il une valeur réglementaire ?
Oui. En l’absence d’assistants officiels, les clubs désignent des bénévoles pour assister l’arbitre central
sur les sorties et positions. Le central reste seul décisionnaire. Les signaux du bénévole aident la décision,
ils ne la remplacent pas.
Que risque un club si un bénévole dépasse son rôle ?
Le règlement prévoit des sanctions disciplinaires (amendes, suspensions) s’il y a dépassement du rôle
ou incident non signalé. D’où l’intérêt d’un brief clair avant match et d’une coordination constante
avec l’arbitre central.
Comment réagir à une insulte envers un bénévole ?
Pendant le match : prévenir le référent bord de terrain pour faire cesser les invectives et isoler le fauteur.
Après : tracer l’incident (rapport/PV) pour suites disciplinaires éventuelles. Ne jamais « régler ça »
à chaud sur le parking.
Sources et ressources
- France 3 & France Bleu (dossiers violences et arbitrage amateur, 2024-2025)
- FFF — Espace Arbitrage (formations, rappels réglementaires), pages des Districts
- Service-Public.fr — Prévenir les violences dans le sport (cadre et signalement)
- Témoignages d’éducateurs et dirigeants de clubs de District (entretiens locaux)