Blessure aux adducteurs au football : symptômes, causes, soins et prévention
Nous ne sommes pas kinésithérapeutes et ces informations ne remplacent jamais une consultation médicale.
Si la douleur est intense, dure plus de 48 heures, gêne la marche ou le quotidien, prends rendez-vous avec un médecin du sport, kiné ou ostéopathe.
Blessure aux adducteurs chez le Footballeur : comprendre, soulager et prévenir
– Les blessures de l’aine et des adducteurs sont parmi les plus fréquentes chez les footballeurs, surtout chez les joueurs qui enchaînent matchs et entraînements.
– Elles sont souvent liées à un combo explosif : fatigue + manque de renforcement + changement de rythme brutal.
– Une douleur négligée peut évoluer vers une pubalgie chronique avec plusieurs semaines d’arrêt.
Comprendre la zone des adducteurs : anatomie simplifiée pour joueurs et parents
Les adducteurs regroupent plusieurs muscles situés à l’intérieur de la cuisse (pectiné, court adducteur, long adducteur, grand adducteur, gracile).
Leur rôle principal est de rapprocher les jambes, mais surtout de stabiliser le bassin et de contrôler les mouvements explosifs.
Au football, ces muscles travaillent à chaque :
- frappe intérieure ou passe courte sous pression,
- changement d’appui latéral pour éliminer un adversaire,
- accélération – freinage répétés pendant le match,
- tacle ou geste “en grand écart” imprévu.
Quand les adducteurs sont fatigués, déséquilibrés ou mal préparés, ils “lâchent” plus facilement : tiraillement, contracture, voire déchirure.
C’est souvent une zone qu’on ne renforce jamais… jusqu’au jour où la douleur arrive.
Pourquoi ça arrive si souvent au football ?
Les adducteurs sont très sollicités au football :
- frappes de balle (surtout intérieur du pied),
- changements de direction sur quelques mètres,
- accélérations et freinages répétitifs,
- tacles, glissades, mouvements extrêmes de hanche.
Plusieurs facteurs augmentent le risque de blessure :
- Manque d’échauffement ciblé : on joue directement avec le ballon, sans préparer la zone de l’aine.
- Fatigue accumulée : enchaînement d’entraînements, match, travail ou études sans vraie récupération.
- Reprise trop rapide : retour au foot après arrêt (blessure, vacances, exam) sans reprise progressive.
- Déséquilibre musculaire : fessiers et ceinture abdominale trop faibles → les adducteurs compensent.
La blessure peut être une simple contracture, une déchirure partielle, voire le début d’une pubalgie si la zone est sursollicitée sur plusieurs semaines.
Pourquoi les blessures aux adducteurs touchent autant le foot amateur ?
Les joueurs amateurs cumulent souvent :
- journées de travail ou de cours + match le soir,
- manque de sommeil, alimentation sur le pouce, trajet en voiture juste avant le match,
- échauffements parfois écourtés, terrains durs ou synthétiques usés,
- aucune séance dédiée au renforcement et à la prévention.
Beaucoup de coachs avouent qu’ils n’ont pas le temps de programmer une véritable prévention des blessures. Résultat :
les adducteurs encaissent, encore et encore, jusqu’à ce que la douleur s’installe.
Symptômes à repérer
- Douleur à l’intérieur de la cuisse, parfois irradiant vers le pubis.
- Gêne à la course, à la frappe, aux appuis latéraux.
- Sensation de tiraillement, raideur ou faiblesse musculaire.
- Dans les cas graves : craquement, douleur vive, apparition d’un hématome.
Vidéo explicative :
Prise en charge immédiate (0–48h)
La règle d’or : stopper le jeu immédiatement.
Pas de “je finis la mi-temps” ni de “je serre les dents”.
Objectifs : limiter l’inflammation, protéger la zone, éviter d’aggraver la lésion.
- Glaçage 15–20 minutes plusieurs fois par jour (avec protection entre peau et glace).
- Compression légère avec bande souple.
- Élévation de la jambe au repos.
- Antalgiques possibles uniquement sur avis médical.
Vidéos (premiers gestes – GREC/RICE) :
Rééducation progressive : les grandes étapes
- Phase antalgique : mobilité douce, contractions isométriques sans douleur, marche sans boiter.
- Renforcement spécifique : travail excentrique/isométrique, gainage, stabilité du bassin et des hanches.
- Retour progressif : reprise de la course, appuis, changements de direction contrôlés, petites frappes.
- Réintégration collective : retour à l’entraînement avec le groupe, montée progressive de la charge.
Vidéos rééducation adducteurs :
Plan de récupération réaliste sur 10 jours (cas léger, à adapter avec un pro)
Ce n’est pas un protocole magique, mais un exemple de progression pour une gêne légère, validée par un professionnel de santé.
| Jours 1–2 | Repos, glaçage plusieurs fois/jour, pas de sport, marche uniquement si non douloureux. |
| Jour 3 | Marche confortable + contractions isométriques très légères des adducteurs (3×8 secondes) sans douleur. |
| Jours 4–5 | Gainage, pont fessier, renforcement doux des fessiers et ceinture abdominale. Pas encore de sprints ni de frappes. |
| Jour 6 | Reprise de la course lente sur terrain souple (10 à 15 minutes) si aucune douleur à la marche. |
| Jours 7–8 | Appuis latéraux progressifs, travail de changements de direction, petites frappes sans forcer. |
| Jours 9–10 | Jeu réduit, situations de match à intensité modérée, retour collectif si tout est indolore. |
Étirements (après la phase aiguë, sans douleur)
Les étirements ne doivent jamais être réalisés dans les premières 48 heures.
Ils se font ensuite :
- 20–30 secondes par étirement,
- 3–4 répétitions,
- plusieurs fois par semaine,
- toujours sans douleur vive.
Vidéos étirements adducteurs :
Soins complémentaires (automassage et massage)
- Automassages au rouleau ou petit ballon pour diminuer les tensions musculaires.
- À éviter en cas de déchirure récente ou d’hématome visible.
- Très utiles en phase de récupération et en prévention.
Vidéos automassage/massage :
Renforcement & prévention : construire des adducteurs solides
La vraie protection des adducteurs, ce n’est pas la bombe de froid : c’est le renforcement.
- Exercice phare : Copenhagen plank (versions simplifiées puis complètes).
- Gainage abdominal et lombaire pour stabiliser le bassin.
- Renforcement des fessiers et ischios pour partager la charge.
- Suivi de la charge d’entraînement : éviter les pics d’intensité sans préparation.
Vidéos exercices de prévention :
Prévention adducteurs pour coachs : 6 minutes avant chaque séance
Pour réduire les blessures dans un groupe, on peut intégrer un mini-protocole simple dans l’échauffement :
- 1 minute : ouvertures de hanches en marchant (montée genou + rotation vers l’extérieur).
- 1 minute : fentes latérales dynamiques, amplitude modérée.
- 1 minute : isométrique adducteurs (ballon ou coussin serré entre les genoux en position assise ou couchée).
- 2 minutes : versions simplifiées du Copenhagen (appui sur genou, puis sur pied au fil des semaines).
- 1 minute : activation des fessiers avec bande élastique (marche latérale, pas chassés).
Mis en place à chaque séance, ce type de routine réduit clairement le nombre de tiraillements et de “coupures” dans la saison.
Retour au jeu : critères importants
Avant de revenir en match, plusieurs feux verts sont nécessaires :
- Absence totale de douleur dans la vie quotidienne.
- Tests de force comparables au côté sain (squeeze test, contraction contre résistance).
- Capacité à sprinter, changer de direction et frapper sans gêne.
- Reprise d’abord à l’entraînement, puis en match, de manière progressive.
Vidéos tests et évaluation :
Différences selon l’âge et le sexe
- Adolescents : croissance, changements hormonaux, tendons fragiles → prudence maximale, surtout si la douleur se situe proche du pubis.
- Adultes : gestion de la charge d’entraînement, enchaînement boulot / match / famille → gros impact sur la récupération.
- Féminines : parfois plus de laxité articulaire → le gainage et la stabilité sont encore plus importants.
- Séniors : perte progressive de force et de souplesse → la prévention passe par le renforcement excentrique et une récupération rallongée.
Erreur fréquente chez les jeunes : l’ego avant le corps
Chez les U13–U17, la blessure arrive souvent après :
- un match “important” (derby, tournoi, détection),
- un week-end avec plusieurs rencontres en peu de temps,
- une reprise trop rapide après les vacances ou une maladie.
Beaucoup de jeunes n’osent pas dire qu’ils ont mal, par peur de sortir du terrain ou de “décevoir le coach”.
Résultat : ils forcent, se crispent, compensent… et le muscle finit par céder.
Prévention à long terme
La meilleure stratégie reste de travailler sur le long terme :
- Échauffement complet avec mobilité + activation spécifique des adducteurs.
- 2 séances de renforcement ciblé par semaine (même courtes).
- Étirements légers après séance ou le lendemain, jamais dans la douleur.
- Hydratation, sommeil et récupération active (vélo léger, marche).
Neuf fois sur dix… la blessure ne vient pas que du terrain
Elle vient aussi :
- du joueur qui dort 4 heures après une nuit de console,
- du parent qui dépose son enfant 2 minutes avant le début de la séance,
- du coach qui doit tout faire rentrer en 1h15 et sacrifie la prévention,
- du joueur qui a honte d’avouer qu’il a mal parce qu’il veut garder sa place.
Le premier soin, c’est parfois simplement de parler : signaler la douleur tôt, adapter la séance, éviter que le petit tiraillement devienne une vraie blessure.
Conclusion
Les blessures aux adducteurs ne sont pas un simple “petit tiraillement de cuisse”.
Bien prises en charge, elles se gèrent en quelques jours ou quelques semaines.
Ignorées, elles peuvent gâcher une demi-saison avec une pubalgie chronique, de la frustration et une grosse perte de plaisir.
Retenir l’essentiel :
- arrêter immédiatement quand la douleur apparaît,
- consulter si la douleur persiste ou gêne la marche,
- suivre une rééducation progressive, pas brûler les étapes,
- intégrer un vrai travail de prévention à l’année (joueurs + coachs).
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FAQ – Questions fréquentes sur les adducteurs au football
Combien de temps dure une blessure aux adducteurs ?
Pour une simple contracture, quelques jours de repos peuvent suffire. Pour une déchirure ou une pubalgie, on parle plutôt de plusieurs semaines. Seul un professionnel peut estimer la durée d’arrêt.
Puis-je étirer mes adducteurs juste après la blessure ?
Non. Les étirements dans les premières 48 heures risquent d’augmenter l’inflammation et la douleur. On commence par le repos, puis la rééducation, et les étirements ne reviennent que plus tard, sans douleur.
Quand dois-je consulter un médecin ou un kiné ?
Si la douleur persiste plus de 48 heures, si tu as entendu un craquement, si tu as un hématome ou si tu boites, il est important de consulter un professionnel de santé pour un bilan adapté.
Est-ce que jouer avec une douleur aux adducteurs peut provoquer une pubalgie ?
Oui, c’est une des évolutions possibles. Continuer à jouer en serrant les dents entretient l’inflammation autour du pubis et peut faire glisser vers une douleur chronique plus longue à soigner.
Quels sont les meilleurs exercices pour prévenir les blessures aux adducteurs ?
Le Copenhagen plank (et ses variantes), le renforcement des fessiers, le gainage dynamique et un échauffement bien construit avant chaque séance sont des bases solides pour protéger la zone de l’aine.
Sources externes et ressources utiles
- Guides de prévention des blessures – Fédérations & instances du football
- Articles de médecine du sport sur les blessures de l’aine chez le footballeur
- Ressources de préparation physique et prévention en football amateur
- Contenus éducatifs de kinésithérapeutes du sport spécialisés dans le football

