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Étirements Osgood-Schlatter et Sever : guide complet foot U11-U14

⏱️ Temps de lecture : 26 min




Étirements pour éviter Osgood-Schlatter et Sever : le guide des éducateurs foot U11-U14

⚠️ Avertissement important

Cet article est rédigé à titre purement informatif par des éducateurs sportifs et préparateurs physiques passionnés. Nous ne sommes ni kinésithérapeutes ni médecins.

En cas de douleur persistante chez votre jeune footballeur, consultez toujours un professionnel de santé qualifié (médecin du sport, kinésithérapeute). Les exercices et étirements proposés ici sont des conseils de prévention issus de l’expérience terrain, pas un traitement médical.


Infographie prévention Osgood et Sever – étirements essentiels pour jeunes footballeurs U11–U14

Prévention Osgood & Sever chez les jeunes footballeurs (U11–U14) – étirements essentiels proposés par
Brigade du Foot.

Vous l’avez tous vu en tant qu’éducateur ou parent. Un jeune, plein de vie et motivé, commence à boitiller en quittant le terrain, à se masser l’avant du genou ou le talon. Il dit que « c’est rien », mais la grimace trahit la douleur. Le doute s’installe : est-ce grave ? Faut-il l’arrêter ? Va-t-il rater sa saison ?

Ce que vous décrivez, c’est peut-être l’Osgood-Schlatter au genou ou la maladie de Sever au talon. Ces douleurs de croissance football ne sont pas des fatalités. Avec les bons étirements préventifs et gestes adaptés, on peut largement les prévenir et permettre aux jeunes footballeurs de continuer à s’épanouir dans leur sport.

Dans le vestiaire ou lors des tournois, ces mots reviennent sans cesse. Parlons-en avec des mots simples, pour comprendre, agir et surtout, éviter que ça gâche le plaisir du jeu.

Pourquoi les U11-U14 sont les plus touchés en football

Entre 10 et 14 ans, c’est la tempête parfaite pour ces blessures de croissance. Les jeunes footballeurs cumulent trois facteurs de risque majeurs :

1. Le pic de croissance brutal

Les garçons grandissent en moyenne de 8 à 12 cm par an à cet âge. Les os s’allongent vite, mais les muscles et tendons ont du retard à l’allumage. Résultat : ils deviennent relativement « trop courts » et tirent comme des élastiques sur leurs points d’attache osseux encore fragiles.

2. L’intensité du foot à cet âge

C’est pile le moment où les entraînements deviennent plus intenses : 3 séances par semaine, tournois le week-end, stage pendant les vacances. Le volume de courses, de sauts, de frappes explose. Le corps n’a pas toujours le temps de récupérer entre deux sollicitations.

3. Les surfaces de jeu modernes

Les terrains synthétiques, plus durs que l’herbe naturelle, amplifient les chocs. Chaque réception de saut, chaque changement de direction tape plus fort sur les zones de croissance sensibles.

(Source : Société Française de Médecine de l’Exercice et du Sport – SFMES, données épidémiologiques 2022-2024)

Le chiffre qui parle

Selon les études récentes du Journal of Pediatric Orthopedics (2019-2023), 20 à 30% des jeunes footballeurs entre 11 et 14 ans présentent au moins un épisode douloureux d’Osgood-Schlatter ou de Sever au cours de leur carrière junior.

Bonne nouvelle : avec une prévention adaptée par étirements et gestion de charge, ce taux peut être divisé par deux.

Parole de coach U13

« La saison où j’ai pris le temps de parler croissance, douleurs de genou et talon avec mes U13, j’ai vu clairement la différence : moins de joueurs blessés, plus de sourires le dimanche matin. »

Les 5 étirements essentiels en 8 minutes (résumé express)

Vous manquez de temps ? Voici le strict minimum à intégrer en fin de chaque entraînement U11-U14. Ces étirements préventifs ciblent précisément les zones à risque pour Osgood-Schlatter et Sever.

Routine express vestiaire

  • ⏱️ Temps total : 8-10 minutes en fin de séance
  • 📅 Fréquence : 3 fois par semaine minimum
  • 📈 Premiers résultats : 2-3 semaines de pratique régulière

1. Quadriceps debout (talon-fesse) – 20 secondes × 3

Cible : Prévention Osgood-Schlatter

Debout, tenir un poteau. Plier un genou, attraper la cheville, ramener le talon vers la fesse. Genoux collés, dos droit.

2. Ischio-jambiers assis – 20 secondes × 3

Cible : Prévention Osgood-Schlatter

Assis, une jambe tendue, l’autre pliée. Pencher le buste vers la jambe tendue sans arrondir le dos. Sentir l’arrière de la cuisse s’étirer.

3. Mollets au mur (fente) – 25 secondes × 3

Cible : Prévention Sever

Face au mur, grand pas en arrière, talon collé au sol, jambe tendue. Plier la jambe avant pour sentir l’étirement du mollet arrière.

4. Roulement plante de pied – 1 minute par pied

Cible : Prévention Sever

Assis, faire rouler une balle de tennis sous la plante du pied, d’avant en arrière. Ça détend les structures qui tirent sur le talon.

5. Équilibre proprioceptif – 30 secondes par jambe

Cible : Stabilité globale

Tenir en équilibre sur une jambe, yeux ouverts puis fermés. Faire des passes légères avec un coéquipier dans cette position.

💡 Astuce terrain

Transformez ces 8 minutes en rituel collectif, en musique si possible. Les jeunes footballeurs adhèrent mieux quand c’est fait ensemble, dans la bonne humeur. Certains clubs U13 organisent même des défis « qui tient le plus longtemps en équilibre » pour rendre ça ludique.

En vidéo : exemples d’étirements pour Osgood-Schlatter

Ressource externe : approche kiné et exercices guidés pour la maladie

Ce qui se passe dans leur corps : comprendre pour mieux agir

Rentrons dans le détail pour que vous puissiez expliquer aux jeunes footballeurs ce qui leur arrive. Comprendre, c’est déjà moins flippant.

Le mécanisme des apophysites de croissance

Entre 8 et 15 ans, les enfants grandissent, parfois très vite. L’os s’allonge en priorité, mais les muscles et les tendons mettent un peu de temps à suivre. Ils deviennent alors relativement « trop courts » et plus raides.

Quand le jeune footballeur saute pour une tête, sprinte sur un contre, frappe fort dans le ballon, ces muscles tendus tirent fort sur leurs points d’attache sur l’os. Ces points d’attache, ce sont des zones de croissance appelées apophyses, encore fragiles car pas totalement solidifiées.

À force de tractions répétées lors des entraînements foot U12-U13-U14, elles s’irritent, s’enflamment, gonflent. C’est ça, une apophysite de croissance.

L’Osgood-Schlatter : le genou sous tension

Localisation : la tubérosité tibiale, cette petite bosse sous la rotule, à l’avant du genou.

Mécanisme : le puissant quadriceps se prolonge par le tendon rotulien. Ce tendon s’attache sur la tubérosité tibiale. Chaque fois que le jeune footballeur tend sa jambe pour frapper, saute ou réceptionne, le quadriceps contracté tire violemment sur ce point d’attache fragile.

Sports les plus touchés : football, basket, volley, hand, rugby.

Âge de prédilection : garçons 12-15 ans, filles 10-13 ans.

La maladie de Sever : le talon qui trinque

Localisation : le calcanéum, l’os du talon, à l’arrière du pied.

Mécanisme : deux forces tirent sur le talon. D’un côté, le tendon d’Achille, de l’autre l’aponévrose plantaire. Chaque course, chaque saut, chaque réception sur terrain synthétique crée une traction sur la zone de croissance de l’os du talon.

Sports les plus touchés : football, rugby, athlétisme, tennis, danse.

Âge de prédilection : 9-14 ans, pic vers 11-12 ans.

(Protocoles et explications biomécaniques inspirés des recommandations de l’INSEP)

Bon à savoir terrain

Ces problèmes ne sont pas réservés aux garçons. Les jeunes footballeuses, de plus en plus nombreuses et compétitives en U13-U14, sont aussi concernées. Leurs pics de croissance étant souvent plus précoces (10-12 ans), elles peuvent même être touchées avant leurs coéquipiers masculins.

Parole de préparateur physique

« Sur un U13 qui grandit vite, le meilleur médicament, ce n’est pas la pommade miracle, c’est la prévention quotidienne : étirements, gestion de charge, bonnes chaussures et écoute de la douleur. »

Le rôle clé de l’éducateur et du parent : l’œil avisé

Avant même la plainte officielle, soyez vigilants. Le jeune footballeur ne veut pas se plaindre de peur d’être mis sur le banc ou de décevoir. Voici ce qui doit vous alerter.

Signes d’appel pour l’Osgood-Schlatter (genou)

Ce que vous voyez

  • Boiterie légère en sortant du terrain après l’entraînement
  • Il se frotte machinalement l’avant du genou, juste sous la rotule
  • Difficulté à s’accroupir complètement lors des étirements collectifs
  • Il évite de descendre les escaliers du vestiaire ou les descend de côté
  • Petite bosse dure et sensible sous la rotule (tubérosité tibiale qui gonfle)

Ce qu’il peut dire

  • « J’ai un truc qui me gêne quand je frappe fort »
  • « Ça tire sous mon genou quand je saute »
  • « Ça fait mal quand je m’agenouille pour lacer mes crampons »

Signes d’appel pour la maladie de Sever (talon)

Ce que vous voyez

  • Il marche sur la pointe des pieds en sortant de la douche ou le matin au réveil
  • Boiterie après l’effort, surtout en fin de séance
  • Il rechigne à faire les sprints à fond lors de l’échauffement
  • Il retire ses chaussures dès qu’il peut, même à la mi-temps

Ce qu’il peut dire

  • « J’ai mal au talon le matin quand je pose le pied par terre »
  • « Ça me lance derrière le pied quand je cours »
  • « Mes chaussures me font mal » (alors qu’elles sont à la bonne taille)

Test simple à faire

Douleur au talon à la pression : serrez doucement le talon du jeune entre votre pouce et vos doigts, de chaque côté. S’il grimace ou retire son pied, c’est un signe fort de Sever.

La question cruciale à poser

« Où est-ce que ça fait mal exactement, montre-moi avec un doigt. »

Une douleur bien localisée (un point précis sous le genou, le talon) évoque une apophysite de croissance.

Une douleur diffuse dans toute l’articulation, un gonflement important ou une impossibilité de poser le pied demandent un avis médical plus urgent.

Réflexe pro : si un doute persiste plus d’une semaine, ou si la douleur empêche le jeune de jouer normalement, consultez sans attendre. Le médecin du sport ou un kiné spécialisé poseront le diagnostic et établiront un plan de traitement et de reprise.

Protocole détaillé : étirements, renforcement, récup’

Règles d’or des étirements préventifs

  • On n’étire jamais un muscle à froid.
  • On ne force jamais sur la douleur.
  • On respire calmement pendant l’étirement.
  • Pas de rebonds, pas d’à-coups : étirements statiques.

Pour l’Osgood-Schlatter : détendre la cuisse

Le problème vient principalement des quadriceps (avant de la cuisse) et des ischio-jambiers (arrière de la cuisse) trop raides qui tirent sur le genou.

Étirement du quadriceps (talon-fesse)

Position de départ : debout, tenir un mur, un poteau, ou l’épaule d’un coéquipier pour l’équilibre.

Exécution pour U11-U14 :

  1. Plier un genou et attraper le pied (ou la cheville) de cette jambe avec la main du même côté
  2. Ramener doucement le talon vers la fesse
  3. Garder les genoux collés l’un à l’autre
  4. Garder le dos droit, bassin légèrement basculé vers l’avant
  5. Sentir l’étirement à l’avant de la cuisse

Fréquence : 20-25 secondes, relâcher 10 secondes, répéter 3 fois de chaque côté.

Variante : utiliser une ceinture ou une serviette autour de la cheville pour attraper le pied plus facilement.

Astuce éducateur

Faites-le faire en cercle, face à face deux par deux. L’un étire, l’autre observe et corrige (genoux collés ? dos droit ?). Ça crée de l’entraide et évite les mauvaises positions.

Étirement des ischio-jambiers (buste penché)

Position de départ : assis au sol, une jambe tendue, l’autre pliée avec le pied contre l’intérieur de la cuisse opposée.

Exécution pour U11-U14 :

  1. Garder le dos bien droit
  2. Pencher lentement le buste vers la jambe tendue, depuis les hanches
  3. Viser le genou avec le ventre, pas les orteils avec les mains
  4. Sentir l’étirement à l’arrière de la cuisse
  5. Ne pas chercher absolument à toucher les orteils

Fréquence : 20-25 secondes, relâcher, répéter 3 fois par jambe.

Point de vigilance : beaucoup de jeunes arrondissent le dos pour toucher leurs pieds. C’est contre-productif. Mieux vaut garder le dos droit et ne pas aller aussi loin.

En vidéo : auto-rééducation Osgood-Schlatter

Idée pratique : montrez cette vidéo aux parents pour qu’ils puissent refaire les exercices à la maison avec leur enfant.

Pour la maladie de Sever : détendre le mollet et la plante du pied

Ici, on vise le triceps sural (mollet), le tendon d’Achille et l’aponévrose plantaire.

Étirement du mollet (marche fendue au mur)

Position de départ : debout face à un mur ou une cage de but, mains posées à hauteur d’épaule.

Exécution pour U11-U14 :

  1. Faire un grand pas en arrière avec la jambe à étirer
  2. Garder cette jambe arrière tendue, genou verrouillé
  3. Talons au sol en permanence
  4. Plier légèrement la jambe avant et pousser les hanches vers le mur
  5. Sentir l’étirement dans tout le mollet de la jambe arrière

Fréquence : 25-30 secondes, relâcher, répéter 3 fois par jambe.

Variante : plier légèrement le genou de la jambe arrière pour cibler la partie basse du mollet.

Massage de la plante du pied avec balle

Matériel : une balle de tennis ou une balle de massage.

Exécution :

  1. Assis sur un banc, poser le pied sur la balle
  2. Faire rouler la balle sous la plante du pied, d’avant en arrière
  3. Insister sur la voûte plantaire
  4. Adapter la pression en fonction du confort

Fréquence : 1 à 2 minutes par pied, idéalement après chaque entraînement.

Astuce de club : gardez une caisse de balles de tennis dans le local. Les jeunes peuvent masser leurs pieds pendant vos consignes tactiques.

En vidéo : exercices pour la maladie de Sever

Une ressource claire pour montrer aux familles comment étirer mollets et zone du talon

Le renforcement invisible : la proprioception

La proprioception, c’est la capacité du corps à savoir où il se trouve dans l’espace et à stabiliser ses articulations sans y penser. Un jeune avec une bonne proprioception subit moins de chocs désordonnés.

Exercice d’équilibre sur une jambe

Progression U11-U14 :

  • Niveau 1 : équilibre sur une jambe, yeux ouverts, 30 secondes
  • Niveau 2 : même exercice, yeux fermés, 20-30 secondes
  • Niveau 3 : équilibre + passes légères avec ballon, 1 minute par jambe
  • Niveau 4 : sur surface instable (coussin, tapis mousse, ballon dégonflé)

Fréquence : 3 fois par semaine, en début de séance ou à la maison.

Astuce challenge : organisez des petits concours « qui tient le plus longtemps les yeux fermés ? ». Motivation garantie !

La récup’ non négociable : le glaçage

Après l’entraînement, surtout si une gêne est mentionnée, le froid est votre allié.

  • Utiliser poche de gel, glaçons dans un linge ou sac de petits pois surgelés
  • Jamais directement sur la peau
  • Appliquer 10-15 minutes sur la zone douloureuse (sous le genou ou au talon)
  • Idéalement dans les 20 minutes après la séance

Routine vestiaire : on se change, on glace, on étire. Toujours dans cet ordre.

En vidéo : prise en charge moderne de la maladie de Sever

Vidéo de référence pour mieux comprendre la pathologie, les erreurs à éviter et la logique de prise en charge globale.

Voir la vidéo sur YouTube

Adapter l’entraînement foot selon les douleurs

La prévention ne passe pas que par les étirements. La gestion de la charge d’entraînement et l’adaptation de l’équipement sont tout aussi cruciales.

Varier les surfaces de jeu

Problème : les synthétiques modernes sont plus durs que l’herbe.

Solutions :

  • Alterner autant que possible entre synthétique et herbe
  • Réserver le synthétique pour les séances techniques
  • Privilégier l’herbe pour les séances avec beaucoup de sauts et sprints
  • Si vous n’avez que du synthétique, prévoir plus de récupération

Gérer la charge hebdomadaire

Après un week-end de tournoi, prévoyez une séance légère en début de semaine : technique, vidéo, séance alternative (natation, vélo) ou séance d’étirements + renforcement doux.

Planning type U13-U14 en semaine chargée

  • Lundi : récup active ou repos
  • Mercredi : séance technique intensité modérée
  • Vendredi : séance intense mais courte (max 1h)
  • Week-end : match

Échauffement spécifique protecteur

Structure d’échauffement protecteur (15-20 minutes) :

  1. Réveil cardio doux (footing 3-4 minutes)
  2. Mobilisation articulaire (chevilles, genoux, hanches)
  3. Activation musculaire progressive (montées de genoux, talons-fesses, pas chassés)
  4. Activation spécifique foot (sprints progressifs, changements de direction, frappes progressives)

Chaussures : le point critique

Erreurs fréquentes

  • Chaussures trop petites (pas d’espace devant les orteils)
  • Chaussures d’occasion déformées
  • Crampons vissés longs sur synthétique

Réflexes à adopter : contrôler la pointure tous les 3-4 mois, choisir selon le confort et l’amorti, alterner les paires si possible.

Quand penser aux semelles orthopédiques ?

  • Pieds très plats ou très creux
  • Usure anormale des chaussures
  • Douleurs persistantes malgré le protocole
  • Antécédents familiaux de problèmes de pieds

Le podologue peut proposer des semelles qui corrigent l’appui et réduisent les tractions excessives sur le talon ou le genou.

Protections complémentaires

Pour l’Osgood-Schlatter

  • Kiné-taping (bandes élastiques) posé par un professionnel
  • Genouillère rotulienne (strap sous la rotule)

Pour la maladie de Sever

  • Talonnettes amortissantes
  • Chaussures avec contrefort rigide au talon

Rappel : ces protections ne remplacent jamais la prévention de fond (étirements, gestion de charge, adaptation de l’entraînement).

Gérer la crise et la reprise terrain

Quand la douleur s’installe : les 4 étapes

1. Arrêter l’activité qui provoque la douleur

Dès que le jeune boite, ne peut plus frapper normalement ou se plaint spontanément, on arrête. Jouer dessus, c’est prendre le risque d’un arrachement osseux.

Message clé à transmettre

« Tu ne rates pas ta saison en t’arrêtant maintenant. Tu la sauves. »

2. Consulter pour un diagnostic précis

Priorité : médecin du sport, kiné spécialisé en traumatologie sportive pédiatrique, médecin généraliste ou pédiatre.

3. Adapter, ne pas tout supprimer

On bascule sur des activités en décharge (natation, vélo bien réglé, renforcement haut du corps) pour garder la condition et le moral.

4. Pendant l’arrêt, intensifier la prévention

  • Étirements doux matin et soir
  • Renforcement haut du corps 3 fois par semaine
  • Natation 2 fois par semaine si possible
  • Proprioception 2 fois par semaine
  • Glaçage quotidien en phase douloureuse

La reprise : stratégie progressive sur 4 semaines

La reprise se fait toujours en l’absence totale de douleur dans la vie quotidienne.

Semaine 1 : retour technique sans opposition

  • 2 séances de 45 minutes
  • Passes, contrôles, conduite de balle
  • Frappes légères (30-40%)
  • Pas de sprints, pas de sauts, pas d’opposition

Semaine 2 : opposition légère

  • 2 à 3 séances de 60 minutes
  • Exercices 1c1, 2c2, jeux réduits
  • Sprints courts à intensité modérée
  • Début de sauts très progressifs

Semaine 3 : situations de jeu, sans match

  • 3 séances de 60-75 minutes
  • Oppositions collectives, sprints, changements de direction
  • Frappes à pleine puissance

Semaine 4 : reprise des matches

  • Reprise progressive du temps de jeu (30-40 min, puis 60 min, puis 100%)

Suivi les 3 premiers mois après reprise

  • Étirements ciblés 3 fois par semaine
  • Glaçage après chaque match
  • Surveillance de tout signe de douleur qui revient
  • Dialogue permanent avec le jeune (« Comment ça a supporté ? »)

FAQ : vos 10 questions les plus posées

1. Ça va partir tout seul avec le temps ?

Oui, dans l’immense majorité des cas, les douleurs disparaissent en fin de croissance. Mais agir (étirements, gestion de charge) réduit fortement leur durée et leur impact.

2. Le médecin a prescrit du repos, mais il veut absolument jouer son match important…

Jouer sur une apophysite très douloureuse, c’est risquer l’arrachement osseux et plusieurs mois d’arrêt. Il vaut mieux rater un match que rater une saison entière.

3. Est-ce qu’il va garder une bosse ou des séquelles ?

Pour l’Osgood, une petite bosse peut rester sous le genou, sans conséquence fonctionnelle dans la plupart des cas. Pour Sever, aucune séquelle visible à l’âge adulte.

4. Mon enfant n’est pas un grand sportif, peut-il quand même avoir ça ?

Oui. Une poussée de croissance rapide suffit, même avec peu de sport. Mais combiner croissance rapide + foot intensif augmente le risque.

5. Opère-t-on ces blessures ?

C’est exceptionnel et surtout après la fin de la croissance, dans des cas très particuliers. Dans l’immense majorité des situations, le traitement est conservateur.

6. Combien de temps durent les douleurs d’Osgood ?

Avec une bonne prise en charge : 4 à 8 semaines de phase aiguë, puis quelques mois de gêne possible. Sans adaptation, ça peut traîner 2 à 3 ans.

7. Peut-on continuer le foot avec une maladie de Sever ?

Tout dépend de l’intensité de la douleur. En phase légère, on adapte la charge. En phase sévère, on arrête le foot temporairement et on passe aux activités en décharge.

8. Les étirements avant ou après l’entraînement ?

Les étirements statiques se font toujours après (ou à distance de la séance), jamais avant l’effort pour ne pas fragiliser le muscle.

9. Faut-il mettre du chaud ou du froid ?

Pour Osgood et Sever, c’est froid uniquement sur la zone douloureuse, 10-15 minutes, jamais directement sur la peau.

10. Est-ce que les étirements peuvent faire mal au début ?

On doit sentir une tension agréable, pas une douleur vive. Si ça fait franchement mal ou si la douleur persiste, on réduit l’amplitude et on demande l’avis d’un kiné.

Checklist vestiaire à afficher (format imprimable au club)

PROTOCOLE ANTI-OSGOOD & ANTI-SEVER – U11 À U14

À faire systématiquement :

Après chaque entraînement (3×/semaine) :

  • [ ] Retour au calme 5 min (footing léger)
  • [ ] Étirements quadriceps : 20 sec × 3 chaque jambe
  • [ ] Étirements ischio-jambiers : 20 sec × 3 chaque jambe
  • [ ] Étirements mollets : 25 sec × 3 chaque jambe
  • [ ] Roulement plante de pied : 1 min chaque pied
  • [ ] Glaçage si douleur : 10-15 min

Après chaque match :

  • [ ] Étirements complets (même protocole)
  • [ ] Glaçage genoux + talons : 15 min
  • [ ] Vérifier l’état des chaussures

2 fois par semaine (à la maison) :

  • [ ] Exercices d’équilibre sur une jambe : 30 sec × 3
  • [ ] Étirements doux le soir après la douche

Tous les 3 mois :

  • [ ] Mesurer la pointure et vérifier les chaussures
  • [ ] Faire le point avec l’éducateur sur d’éventuelles douleurs

⚠️ Signes d’alerte – prévenir immédiatement l’éducateur :

  • Boiterie en sortant du terrain
  • Douleur sous le genou ou au talon
  • Difficulté à s’accroupir ou à courir normalement
  • Douleur au réveil le matin

En cas de doute : on n’attend pas, on consulte.

Conclusion : l’objectif, c’est le long terme

En tant qu’éducateur ou parent, vous n’êtes pas impuissant face aux douleurs de croissance. L’Osgood-Schlatter et la maladie de Sever ne sont pas des fatalités.

Ce que vous pouvez mettre en place dès maintenant :

  • Intégrer les étirements ciblés dans le rituel de fin de séance
  • Être vigilant aux premiers signes (boiterie, grimace, geste pour se masser le genou ou le talon)
  • Adapter la charge d’entraînement après les semaines chargées
  • Vérifier régulièrement les chaussures
  • Consulter sans tarder en cas de doute

Au-delà de la blessure : ce que vous leur transmettez

  • Écoute du corps
  • Patience et vision long terme
  • Autonomie dans la récupération
  • Responsabilité vis-à-vis de l’équipe et de soi-même

Les clubs qui ont intégré systématiquement ce type de protocole observent une réduction de 40 à 60% des cas d’Osgood-Schlatter et de Sever. Moins de blessures, plus de progression, plus de plaisir de jeu.

Message aux éducateurs

Vous n’êtes pas médecins, mais vous êtes en première ligne. Ces 8 minutes d’étirements, ce regard attentif sur une boiterie, cette question « ça va, pas de gêne ? » changent des saisons complètes.

Message aux parents

Dire non à un match pour dire oui à une saison entière, c’est un acte d’amour. Investir dans de bonnes chaussures, encourager les étirements et les activités en décharge pendant les phases sensibles fait une énorme différence.

Ces douleurs de croissance sont temporaires. Elles passeront, mais elles passeront beaucoup plus vite et laisseront moins de traces si tout le monde joue le jeu de la prévention.

Partagez ce guide avec les autres parents de votre club, les co-éducateurs, les dirigeants. Plus nous serons nombreux à appliquer ces principes simples, moins nos jeunes footballeurs souffriront de douleurs de croissance évitables.

Ensemble, construisons une génération de sportifs intelligents, à l’écoute de leur corps, et passionnés pour longtemps. ⚽

Article rédigé par des éducateurs sportifs et préparateurs physiques – Décembre 2024

Sources : SFMES, INSEP, Journal of Pediatric Orthopedics, Société Française de Traumatologie du Sport, expériences terrain de clubs formateurs français.