Foot amateur : quand les parents disparaissent et que l’éducateur devient taxi collectif

Foot amateur : l’enfer des déplacements du samedi quand les parents disparaissent
Dans le foot amateur, il y a les matchs, les buts, les victoires, les câlins entre minots, les photos d’équipe et les célébrations improvisées.
Et puis il y a tout ce qu’on ne voit jamais sur les réseaux sociaux : les galères du samedi matin.
Celles qui commencent bien avant le coup d’envoi. Celles qui épuisent les éducateurs avant même qu’ils posent un pied sur le terrain.
Parce que dans la vraie vie, le premier adversaire n’est pas l’équipe d’en face.
Le premier adversaire, c’est souvent : comment amener les enfants au match.
Le samedi matin, les parents disparaissent dans un brouillard de silence radio.
Plus personne ne répond, plus de voitures disponibles, plus de “ok j’arrive”.
Et au milieu de ce festival d’absences volontaires, il reste un seul soldat : l’éducateur.
✔ Groupe WhatsApp : 18 vues, 0 réponses.
✔ 10 joueurs convoqués, 6 ont “un empêchement soudain”.
✔ 2 voitures disponibles… pour 11 enfants.
✔ Et l’éducateur qui finit par dire : “Bon, on y va. J’vous prends tous.”
Cette situation n’est pas exceptionnelle. Elle n’est pas rare.
Elle n’est pas même considérée comme un problème : elle est devenue normale.
Et c’est justement ça qui fatigue le plus les éducateurs.
Les déplacements du samedi : la face cachée du foot amateur
Le foot amateur, c’est une histoire de passion, de bénévoles, de clubs qui survivent grâce à quelques parents motivés et deux éducateurs dévoués.
Mais derrière cette passion, il y a une logistique infernale dont les coachs se passeraient bien.
Les réseaux montrent des stades, des dribbles, des victoires.
Moi, toi, les coachs… on sait qu’avant ça, il y a la partie que personne ne filme : trouver comment déplacer 10 gamins quand tu n’as que deux voitures.
Le coach organise, relance, prévoit, anticipe.
Il crée des groupes de covoiturage, il met les parents en contact, il relance la veille, encore le matin…
Mais s’il n’a pas trois parents motivés dans l’équipe, il sait que ça finira toujours pareil : dans sa voiture.
1 éducateur = 8 à 11 enfants à transporter.
On le sait, aucun club n’a de bus. Aucun club n’a de minibus attitré.
On n’a que des bénévoles, des parents, et un coach qui finit toujours par dire oui.
Parce qu’il préfère prendre un risque que laisser un enfant sur le carreau.
Et c’est ça, la vraie face cachée du foot amateur :
la pression silencieuse que les adultes mettent parfois sur un éducateur qui n’a rien demandé.
Les excuses mythiques des parents : un best-of digne d’un sketch
Tu veux rire (ou pleurer) ? Voici les excuses que tous les éducateurs ont déjà reçues au moins une fois.
Et quand tu les mets bout à bout, ça ressemble presque à une blague.
- “On a un anniversaire.” → Le classique immuable.
- “Je pensais que c’était dimanche.” → Celui-là est légendaire.
- “Il pleut, on vient pas.” → Comme si le football se jouait au soleil.
- “On ne savait pas qu’il fallait une voiture.” → Pourtant c’est un match… à l’extérieur…
- “On a oublié.” → L’enfant, OK. Le foot, non.
- “Je t’ai répondu… ah non c’était dans ma tête.” → On adore celui-là.
1. “On n’a pas vu le message.”
2. “Il est fatigué ce matin.”
3. “Personne peut nous amener.”
Chaque éducateur pourrait remplir un livre avec toutes ces phrases.
Parfois les parents n’imaginent même pas le stress que ça génère derrière.
Le coach doit improviser, réorganiser, décaler, recharger la voiture, courir partout.
Et si tout ça arrive en retard… on lui reprochera d’être arrivé en retard.
L’éducateur : chauffeur, organisateur, psychologue, pompier volontaire
Dans le foot amateur, l’éducateur est un super-héros non payé.
Et comme tous les super-héros, il doit gérer mille choses que personne ne voit.
Avant même d’arriver au terrain, il a déjà géré :
- les confirmations tardives,
- les absences de dernière minute,
- le joueur oublié à la maison,
- le gamin stressé parce qu’il n’a pas de moyen de transport,
- les parents qui pensent que “ça va se faire tout seul”.
✔ Gérer les absences
✔ Organiser les voitures
✔ Trouver une solution pour tous
✔ Rassurer les enfants
✔ Arriver en avance malgré tout
Et ce qui est beau, c’est que malgré tout, la plupart gardent le sourire.
Ils ne veulent pas que les enfants voient leur stress.
Ils ne veulent pas gâcher le plaisir du match.
Les conséquences pour les enfants : ce qu’on ne dit jamais
Le plus dur, finalement, ce n’est pas ce que vit l’éducateur.
Le plus dur, c’est ce que vivent les enfants quand les parents ne jouent pas le jeu.
- Le minot qui arrive en retard et qui s’excuse alors que ce n’est pas de sa faute.
- Celui qui voit ses copains partir sans lui.
- Celui qui rate l’échauffement.
- Celui qui se sent “à part” parce que ses parents ne participent jamais.
Et eux ne devraient jamais payer la désorganisation des adultes.
Paroles de coachs
“Mon coffre connaît mieux mes joueurs que leurs propres parents.”
“Quand j’arrive au match, j’ai déjà fait ma journée.”
“Le stress ne vient jamais du terrain… il vient des voitures.”
“Le plus dur, c’est quand un gamin me dit : ‘Coach, je peux venir avec toi ? Mes parents peuvent pas…’”
Ce que les coachs pensent… mais ne disent jamais
Les éducateurs ne sont pas du genre à se plaindre.
Ce sont des gens qui encaisseraient une avalanche avec un sourire.
Ils gèrent les émotions des enfants, les attentes des parents, les décisions du club,
les contraintes de la ligue, les arbitres en retard… et tout ça en gardant la tête froide.
Mais il existe un sujet qui les touche vraiment.
Un sujet dont ils parlent seulement entre eux, dans un vestiaire, sur un banc,
ou en rentrant dans leur voiture quand tout le monde est parti.
Ce sujet, c’est la solitude des déplacements.
Cette impression d’être seul à porter une équipe entière, tandis que les autres disparaissent.
“On manque tellement d’éducateurs… que certains clubs ferment les yeux sur tout.
T’as déjà une équipe, tu fais déjà le job. Alors quand les parents te laissent tomber,
on te dit juste : ‘Fais comme tu peux.’”
Quand on discute franchement avec eux, c’est toujours la même phrase qui revient :
“Je veux juste que les minots jouent au foot.”
Pas qu’ils stressent, pas qu’ils se sentent abandonnés, pas qu’ils passent à côté de leur match
parce que personne n’a pu les amener.
Le problème, c’est que cette situation se répète tellement souvent qu’elle finit par
user mentalement.
Certains éducateurs commencent par rigoler de la situation, puis au fil des années,
ça devient lourd.
Et un jour, tu les vois s’asseoir, lever les mains, soupirer et dire :
“J’en peux plus… C’est plus possible comme ça.”
Quand les déplacements deviennent un motif d’abandon
On ne le dira jamais assez, mais ce n’est pas la tactique qui fait arrêter les éducateurs.
Ce n’est pas les défaites, ce n’est pas la difficulté des entraînements,
ce n’est même pas les critiques des tribunes (même si ça pique).
Ce qui fait arrêter un éducateur, c’est souvent :
le manque d’aide.
Le sentiment d’être seul, d’être celui qui doit toujours tout gérer.
Celui qui doit chercher des solutions pendant que d’autres cherchent des excuses.
Celui qui se retrouve avec 11 enfants dans les bras et deux voitures à moitié cassées.
Et parfois, cela crée une frustration profonde :
pourquoi un adulte bénévole devrait jongler avec une logistique aussi compliquée
alors que le club est plein de parents capables d’aider ?
“On demande même pas grand-chose… juste une réponse et une place en voiture.”
Cette lassitude, elle ne tombe jamais d’un coup.
Elle s’installe petit à petit, match après match, absence après absence, excuse après excuse.
Et un jour, l’éducateur craque intérieurement.
Il termine la saison… et il disparaît du club.
Le club perd un bénévole.
Les enfants perdent un adulte de confiance.
Et le cycle recommence ailleurs.
Les conséquences pour les clubs : une spirale dangereuse
Un éducateur qui part, ce n’est pas seulement une perte humaine.
C’est souvent une catastrophe pour la structure sportive.
- Moins d’équipes engagées.
- Des enfants déplacés dans d’autres catégories.
- Des parents mécontents.
- Un club qui perd de la crédibilité.
- Des dirigeants qui galèrent encore plus.
Et tout ça, parfois, pour une simple raison :
manque d’implication des parents dans les déplacements.
Ce sujet, il paraît banal, anodin, mais il détruit des clubs chaque année.
Des solutions simples… qui demandent juste un minimum de volonté
Le pire dans cette histoire ?
C’est que la majorité du problème pourrait disparaître avec un minimum d’organisation
et un peu de participation des familles.
Il ne faut pas révolutionner le football.
Juste faire preuve d’un peu de solidarité.
📌 1. Mettre en place un planning de covoiturage
Un tableau simple partagé entre les parents.
On sait qui conduit quand, et combien de places sont disponibles.
📌 2. Désigner deux parents référents
Pas pour tout gérer, mais pour éviter que le coach fasse tout.
Deux adultes motivés, c’est déjà un changement énorme.
📌 3. Rappeler les matchs la veille
Un message court, propre, précis.
Date, heure, lieu, besoin de voitures.
Ce rappel évite 50 % des oublis.
📌 4. Une règle simple : plus personne ne reste sans solution
Si un enfant ne peut pas se déplacer, un parent doit se proposer.
Ce n’est pas un “service”, c’est du respect.
📌 5. Et surtout… répondre au coach
Un simple “oui”, “non”, “OK pour une place” change tout.
Le silence, lui, tue l’organisation.
✔ Répondre aux messages
✔ Proposer une place en voiture
✔ Prévenir à l’avance
✔ Ne jamais laisser un enfant sans solution
✔ Respecter le travail du coach
L’impact sur les enfants : le sujet le plus important
Ce qu’on oublie trop souvent, c’est que les adultes peuvent encaisser…
mais les minots, non.
Un enfant qui voit ses parents ne jamais aider finit par perdre confiance.
Un enfant qui arrive en retard se sent coupable.
Un enfant qui rate un match parce qu’il n’a pas de voiture, c’est un enfant qui rentre triste.
Et pour un coach, il n’y a rien de pire que de voir un gamin baisser la tête pour une raison
qui ne dépend même pas de lui.
Conclusion : Sans éducateurs… il n’y a plus de foot amateur
Le foot amateur ne tient pas grâce aux budgets, ni aux installations, ni aux trophées.
Il tient grâce à une armée de bénévoles qui donnent leur temps, leur énergie et leur cœur.
Alors la prochaine fois qu’un éducateur écrit “Qui peut prendre deux enfants ?”,
ne laisse pas le message en vue.
Une équipe, ça se construit à l’entraînement…
mais ça commence souvent dans les voitures du samedi matin.
trouver des voitures pour que les enfants puissent juste… jouer au foot.
Questions fréquentes
Pourquoi les déplacements posent-ils un problème dans le foot amateur ?
Parce que trop souvent, les parents ne participent pas à l’organisation, laissant toute la charge aux éducateurs.
Est-ce normal que les coachs transportent autant d’enfants ?
Non. Mais ils le font pour éviter qu’un enfant reste chez lui.
Comment améliorer cette situation ?
Un covoiturage structuré, des parents référents et une règle simple : répondre aux messages.
Pourquoi les éducateurs n’en parlent pas plus ?
Par pudeur, et parce qu’ils ont peur de perdre l’engagement des parents.
Mais la fatigue est bien réelle.
Aidez. Répondez. Proposez une place.
Parce qu’un éducateur ne devrait jamais porter une équipe… tout seul.
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