Football amateur : protéger les enfants du froid en hiver

“J’ai pas froid coach” : quand ton minot joue les durs alors qu’il se gèle
Sur tous les terrains de foot amateur, c’est la même scène chaque hiver. Il fait 2 degrés, le vent traverse le survêtement,
la buvette fume plus que le gardien, et au milieu de tout ça, ton minot débarque en short et maillot manches courtes,
avec son petit regard fier : “Non coach, j’ai pas froid.”
Toi, tu le vois déjà trembler au bout de dix minutes, mais lui veut juste prouver qu’il est fort, qu’il est “un vrai”.
Ce tableau, ce n’est pas une fiction. C’est le quotidien des éducateurs, des dirigeants, des parents et des enfants
qui vivent le foot amateur toute l’année. Et forcément, derrière, on retrouve les mêmes épisodes : le minot qui rentre transi,
le lendemain il est malade, entraînement loupé, match compromis, fatigue pour les parents, casse-tête pour le coach.
Le petit qui dit “j’ai pas froid” mais qui se colle au radiateur en rentrant à la maison.
Celui qui garde son short trempé dans la voiture.
Celui qui sort de l’entraînement rouge, épuisé, mais heureux… sauf que son corps a pris cher pendant 1 h 30.
Pourquoi certains minots arrivent en tenue d’été en plein hiver ?
Ce serait trop simple de dire : “les parents ne s’occupent pas de la tenue”. La réalité est un peu plus compliquée,
et surtout, tout le monde a ses raisons. Quand on discute au bord du terrain, on entend de tout :
1. Le parent débordé qui fait au plus vite
Entre le boulot, la petite sœur à récupérer, les devoirs, la circulation, la bouffe à préparer… certains soirs c’est la course.
Le sac est fait à l’arrache, ou pire, il n’est pas refait depuis le week-end précédent. Résultat :
l’enfant prend ce qu’il trouve dans le placard ou au fond du sac, parfois encore humide du dernier match.
2. Les affaires sales… alors on met “ce qu’il y a de propre”
On ne va pas se mentir : les tenues sont souvent mélangées entre école, foot, sport scolaire, parc avec les copains.
Le maillot chaud est au sale, le sous-maillot thermique traîne dans le panier, le survêt est plein de boue.
Le gamin, lui, veut juste aller à l’entraînement et prend ce qu’il trouve : maillot léger, short, chaussettes quelconques.
3. L’âge où ils veulent faire “comme les pros”
À partir de 9–10 ans, ils commencent à regarder la télé, les highlights sur YouTube, les réseaux.
Ils voient les joueurs pro en manches courtes sous la neige, les gants juste pour le style,
et ils se disent : “Moi aussi, je veux faire pareil.”
Le problème, c’est que leur corps n’a rien à voir avec celui d’un athlète de haut niveau, préparé, échauffé, équipé, suivi par des médecins.
4. La fameuse phrase : “J’ai pas froid, t’inquiète”
Cette phrase, tous les coachs l’ont entendu. Elle mélange fierté, envie de jouer, peur de passer pour “fragile”
et vraie envie de bien faire. Sauf que derrière, ce n’est pas sa fierté qui prend le froid, c’est son corps.
Le joueur se refroidit, bouge moins bien, se concentre moins, et les risques augmentent : douleurs musculaires, bobos, grosse fatigue.
Son corps se refroidit plus vite, son système immunitaire est encore en construction,
et il ne sent pas toujours à quel point il se met en danger. Ce n’est pas à lui d’évaluer le risque, c’est aux adultes de cadrer.
Le froid, ce n’est pas juste “un peu désagréable”
On entend souvent : “Nous, à l’époque, on jouait dans la boue, sous la pluie, on n’est pas morts.”
Oui, c’est vrai, beaucoup ont connu ça. Mais aujourd’hui, on le sait mieux :
un enfant qui se gèle pendant toute une séance, c’est un enfant qui fatigue plus vite et qui tombe plus souvent malade.
Le terrain mouillé, le vent, la sueur qui refroidit le maillot, les mains gelées, la respiration dans l’air glacé…
Tout ça mis bout à bout, ça crée un cocktail parfait pour :
- les rhumes à répétition,
- les angines,
- les toux qui traînent,
- les courbatures et crampes,
- la fatigue générale qui s’accumule.
Et quand il tombe malade, l’enfant manque l’école, rate l’entraînement, loupe le match du week-end,
et tout le monde y perd : lui, ses copains, les parents, le coach qui doit réorganiser son équipe.
Le froid augmente aussi le risque de mauvaises attitudes techniques : on raccourcit les gestes,
on se protège, on ne va plus au duel… L’enfant progresse moins, perd ses repères et se frustre.
Un simple sous-maillot aurait parfois suffi à changer la séance.
Le coach au milieu de tout ça : protéger ou laisser jouer ?
Dans beaucoup de clubs, les éducateurs vivent le même dilemme :
faire jouer un enfant mal équipé et prendre un risque avec sa santé,
ou le laisser sur le côté pour le protéger, au risque de fâcher les parents et de décevoir le gamin.
Certains font le choix radical : pas de tenue adaptée = pas de séance.
D’autres essaient de composer : temps de jeu réduit, exercices adaptés, prêt de veste ou de sweat quand il y en a.
Mais la vérité, c’est que ce souci ne devrait même pas arriver. La solution se prépare avant de quitter la maison.
C’est là que le rôle des parents est crucial. Pas pour culpabiliser, mais pour rappeler que :
la tenue de foot en hiver, ce n’est pas du détail. C’est de la prévention.
La tenue d’hiver idéale pour un minot qui veut jouer… sans se geler
Pas besoin d’un budget de Ligue 1 pour équiper correctement un enfant.
Avec quelques pièces simples, pensées pour le froid, on change complètement sa séance.
- Sous-maillot thermique respirant, près du corps, pour garder la chaleur.
- Sweat ou survêtement par-dessus, facile à enlever si l’enfant a vraiment chaud.
- Pantalon long pour protéger les cuisses et les genoux du vent.
- Coupe-vent ou veste chaude surtout avant le début et pendant les pauses.
- Bonnet, bandeau, gants en fonction de la météo.
- Vêtements secs pour après : t-shirt propre, chaussettes chaudes, éventuellement jogging de rechange.
• Préparer le sac la veille quand il fait froid.
• Laisser un sous-maillot et une paire de chaussettes de secours en permanence dedans.
• Mettre un petit mot au coach ou au dirigeant si l’enfant est fragile ou sort d’une maladie.
Après la séance : le piège de la tenue mouillée
Le match est fini, l’entraînement se termine, les enfants rigolent, discutent, traînent autour du terrain.
C’est souvent là que tout se joue : s’ils restent en tenue mouillée dans le vent, le corps se refroidit à grande vitesse.
L’idéal, quand le club le permet, c’est :
- passage rapide au vestiaire,
- douce chaude quand c’est possible,
- habillage en vêtements secs et chauds pour le retour.
Même sans douche, un simple passage pour enlever les couches froides, enfiler un sweat sec, changer les chaussettes,
ça change tout. Le corps arrête de perdre de la chaleur, l’enfant se sent mieux, et le trajet du retour ne devient pas une mini hypothermie.
“Fin de séance = passage vestiaire.”
Même si ce n’est que 5 ou 10 minutes. Ce temps-là, c’est de la santé gagnée, des microbes évités, et des absences en moins.
Parents, éducateurs, clubs : tout le monde dans la même équipe
Ce sujet peut vite devenir explosif : certains parents pensent que le coach exagère,
certains éducateurs se sentent abandonnés, les dirigeants sont coincés entre les deux.
Pourtant, à la base, tout le monde vise la même chose : des enfants heureux, en bonne santé, qui progressent et prennent du plaisir.
Une solution simple : formaliser les choses.
- Une affiche à l’entrée du stade rappelant la tenue d’hiver.
- Un message envoyé en début de saison dans le groupe parents.
- Un rappel régulier avant les périodes de froid.
- Une règle claire : “en cas de froid, tenue adaptée obligatoire”.
Avec ce cadre, le coach n’est plus “le méchant qui exagère”, le parent n’est plus pointé du doigt,
et l’enfant comprend que ce n’est pas une option : on protège sa santé avant tout.
Le mot du coach aux parents
Ce que la plupart des éducateurs aimeraient dire, sans toujours oser :
“Quand je demande une tenue adaptée, ce n’est pas pour t’embêter.
Ce n’est pas pour faire ‘comme les pros’ ou pour faire joli sur la photo.
C’est parce que je vois ton enfant tous les mercredis et tous les week-ends,
et je vois à quel point il se fatigue plus vite quand il se gèle.”
“Je préfère le voir arriver avec un vieux survêt dépareillé mais chaud,
plutôt qu’avec la dernière tenue clinquante, mais pas adaptée.”
“On est dans le même camp : toi, moi, ton enfant. On joue la même partie.”
ce que tu peux faire dès le prochain entraînement
- Regarder la météo avant de partir.
- Vérifier la tenue de ton enfant comme tu vérifies ses crampons.
- Lui expliquer pourquoi tu insistes sur le bonnet, les gants, le survêt.
- Parler avec le coach si tu as un doute ou une question.
- Partager les bonnes pratiques avec les autres parents du groupe.
Un enfant bien équipé, c’est un enfant qui joue mieux, qui prend plus de plaisir, et qui revient plus souvent en forme.
Si cet article t’a parlé, partage-le dans ton club, dans ton groupe de parents, à ton éducateur.
Chaque partage, c’est peut-être un petit qui ne se gèlera pas au prochain entraînement.
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Sources extérieures utiles :
- Fédération Française de Football – Conseils santé et pratique
- Service Public – Prévention des risques liés au froid chez l’enfant
- Ameli – Froid et santé : recommandations générales
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