Hydratation Football : guide complet avant, pendant, après
Hydratation Football : guide complet avant / pendant / après match
Publié par Brigade du Foot – Lecture : 10 minutes
Bois 2 à 2,5 L d’eau/jour les jours précédents.
Le jour J : 500 ml à H-2 puis 200–250 ml à H-0:30.
Eau tempérée ou isotonique légère (eau + jus + pincée de sel + sucre).
Évite alcool, sodas et grand verre juste avant de jouer.
Dans le foot amateur, on parle souvent de préparation physique, d’alimentation ou de tactique… mais rarement d’eau. Pourtant, elle fait gagner ou perdre un match. Un joueur un peu déshydraté, c’est celui qui lâche le marquage à la 70e. Un corps qui chauffe trop vite, un cerveau qui décroche. L’hydratation, c’est du carburant invisible.
Tu peux t’entraîner comme un fou, bien manger, avoir la bonne paire de crampons : si tu négliges l’eau, tu sabotes ton match. Ce guide t’explique simplement quoi boire, quand et combien. Pas de théorie : que du concret de vestiaire et d’expérience terrain.
Pourquoi l’hydratation est cruciale au football
Chaque match te fait perdre entre 1,5 et 2 L d’eau, parfois plus si la chaleur tape. Cette perte, c’est aussi une perte de lucidité, d’explosivité et de concentration. On l’a tous vu : un joueur qui joue bien en première mi-temps et s’éteint ensuite sans raison. Souvent, c’est simplement qu’il n’a pas bu assez tôt.
Effets directs :
- −10 % de performance dès 2 % d’eau perdue.
- Risque de crampes multiplié par 3.
- Temps de réaction ralenti, erreurs techniques.
Études INSEP / UEFA : un déficit de 1 % d’eau perturbe déjà la coordination. Au-delà de 3 %, le risque de blessure augmente nettement. On ne joue pas “sec” sans le payer.
Déshydratation : signes et dangers
- Bouche sèche, maux de tête, lourdeur des jambes.
- Vertiges, crampes, perte de lucidité.
- Si la peau reste marquée quand tu la pinces : alerte.
Cas pratique : été vs hiver
En été, la sueur évapore le sel et l’eau : il faut recharger plus souvent. En hiver, la soif se fait oublier, mais tu te déshydrates pareil. La différence ? L’un transpire visible, l’autre silencieusement.
Hydratation avant le match (J-3 à H-1)
La réussite commence trois jours avant. On prépare le corps comme on prépare le terrain. Si tu attends d’avoir soif le jour J, c’est déjà trop tard.
J-3 à J-1 : préparer l’organisme
- Bois 2 à 2,5 L par jour (un verre toutes les 2 h, pas d’un coup).
- Varie : eau, eau minérale, infusion, jus coupé à l’eau.
- Évite : alcool, sodas, excès de café.
- Astuce : garde une gourde sur toi au travail, dans la voiture, partout.
Paille = OK / Foncée = pas assez / Transparente = trop (risque dilution).
Jour J : les heures clés
- H-3 : 300–400 ml d’eau + collation légère (banane, yaourt).
- H-2 : 500 ml d’eau ou d’isotonique légère.
- H-0:30 : 200–250 ml pour humidifier et activer le corps.
900 ml d’eau + 100 ml de jus (orange ou raisin) + 1 pincée de sel + 2 cuillères de sucre.
Coût : 0,50 € le litre, naturel, efficace.
Pour plus de repères sur la nutrition d’avant-match, vois aussi notre guide complet :
Nutrition du footballeur : menus et repas avant match.
Dans le vestiaire (H-15 à H-0)
Pas question de finir ta bouteille entière. Quelques gorgées suffisent pour “mouiller la bouche” sans remplir l’estomac. Prépare deux gourdes marquées à ton nom : une d’eau, une d’isotonique. Et place-les toujours au même endroit pour créer le réflexe.
Hydratation pendant le match
C’est là que beaucoup décrochent. On pense à tout sauf à boire. Pourtant, la différence entre un joueur lucide à la 80e et un joueur cramé, elle se joue souvent là.
Mi-temps : les 15 minutes critiques
- Bois 200 à 300 ml (deux à trois bonnes gorgées) d’eau tempérée à 10–15 °C.
- Si chaleur : prends une boisson isotonique légère pour compenser les sels perdus.
- Évite les boissons glacées : elles bloquent la digestion et “coupent” le ventre.
| Boisson | Glucides | Sodium | Prix moyen | Usage |
|---|---|---|---|---|
| Eau minérale | 0 g | variable | 0,20 € | Temps frais / effort court |
| Powerade | 33 g | 205 mg | 1,25 € | Match > 75 min / chaleur |
| Isostar | 37 g | 225 mg | 1,50 € | Profil crampes fréquentes |
| Maison | 30 g | 250–500 mg | 0,50 € | Équilibré, low-cost |
Remplaçants et banc de touche
Un remplaçant qui n’a pas bu avant d’entrer, c’est souvent un joueur qui met deux minutes à se régler. Pendant que tu chauffes, prends deux gorgées toutes les 15–20 minutes. Pas plus, mais pas zéro.
Hydratation après le match (récupération)
Le match est fini, t’as tout donné. Tu transpires encore, le short collé, les jambes lourdes. C’est à ce moment que la majorité des joueurs oublient de boire. Erreur classique : on papote, on file à la douche, et on laisse le corps tourner à sec.
Pourtant, la récupération démarre ici. Une bonne réhydratation, c’est moins de crampes, moins de courbatures et plus d’énergie dès le lendemain.
Les 30 premières minutes
- Rebois dès le coup de sifflet final, pas deux heures après.
- Vise 1,5 L d’eau par kilo perdu (sur 2 à 3 heures).
- Alterne eau et jus coupé (pour le sucre et le sel naturel).
Les 24 heures post-match
- Reviens à ton rythme de croisière : 2 à 2,5 L d’eau.
- Privilégie les repas riches en eau : légumes, fruits, soupes, riz, poisson.
- Objectif : urine claire, tête légère, muscles “souples”.
Boissons isotoniques et “énergétiques” : faire le tri
À chaque pub, on te vend la boisson miracle. En réalité, la plupart contiennent trop de sucre et trop peu de sels minéraux. L’important, c’est le bon dosage : ni eau pure en excès, ni boisson de fast-food.
Composition utile
- Glucides : 60–80 g/L pour les efforts longs. Au-dessus, digestion plus lente.
- Électrolytes : sodium, potassium, magnésium — essentiels pour éviter les crampes.
- Vitamines : bonus marketing plus que performance réelle.
Efficace, pas cher, et validé par la majorité des kinés du foot amateur.
| Critère | Maison | Powerade | Isostar |
|---|---|---|---|
| Prix/L | 0,50 € | 2,50 € | 3,00 € |
| Glucides | ~60 g/L | ~67 g/L | ~75 g/L |
| Sodium | ~500 mg | ~410 mg | ~450 mg |
| Goût | Naturel | Sucré | Sucré |
Notre recommandation
- Joueur loisir : eau + jus dilué.
- Joueur régulier : maison ou commerce selon chaleur et durée.
- Joueur intensif : boisson isotonique équilibrée avec sodium.
Adapter l’hydratation selon les conditions
Par forte chaleur (>25°C)
- Bois plus dès la veille : 2,5 à 3 L d’eau.
- Avant match : 500 ml H-2, 250 ml H-0:30, puis gorgées à la mi-temps.
- Ajoute une pincée de sel ou choisis une eau riche en sodium.
- Reste à l’ombre, et mouille-toi la nuque avant de repartir.
Par temps froid (<10°C)
- Ne te fie pas à la soif, elle trompe : planifie tes gorgées.
- Boissons tièdes (eau ou infusion légère) dans un thermos.
- Même en hiver, la déshydratation existe : respiration froide = perte d’eau.
Les 10 erreurs à éviter
- Attendre d’avoir soif pour boire (trop tard).
- Boire 500 ml d’un coup juste avant d’entrer.
- Confondre “boisson énergie” et “boisson hydratation”.
- Oublier le sel sous forte chaleur.
- Boire glacé (digestion bloquée).
- Partager sa gourde (risque virus en hiver).
- Négliger la mi-temps.
- Jamais se peser → aucune idée des pertes.
- Sodas ou bulles à la pause.
- Rien boire après match = récupération fichue.
Conclusion
Un match se gagne dans les détails. L’hydratation en fait partie. Ce n’est pas du luxe ni du folklore : c’est de la performance pure. L’eau ne coûte rien, mais elle change tout.
Le joueur qui s’hydrate bien, c’est celui qui reste lucide quand les autres tirent la langue. Celui qui réussit sa passe à la 88e, pas celui qui cherche de l’air. Prépare ton corps comme tu prépares ta tactique. Bois avant, dose pendant, recharge après.
Et souviens-toi : la soif ne prévient pas, elle sanctionne.
Affiche vestiaire : Hydrate-toi, le terrain ne pardonne pas

À afficher dans le vestiaire ou à partager à ton groupe.
FAQ – Hydratation Football
Peut-on boire trop ?
Oui. Boire beaucoup d’un coup dilue le sodium du sang (hyponatrémie). Résultat : maux de tête, crampes, contre-perf. Bois régulièrement, pas à la bouteille entière.
Isotonique, hypertonique : c’est quoi la différence ?
L’isotonique a la même concentration que ton sang → absorption rapide pendant l’effort. L’hypertonique est plus sucrée → pour après match, quand il faut recharger.
L’eau suffit-elle ?
Oui, pour un joueur amateur la plupart du temps. Quand il fait chaud ou que le match dure plus d’1 h 30, ajoute juste un peu de sucre et de sel.
Combien ça coûte sur une saison ?
En maison : 15–25 € par saison. En industriel : 150–200 €. Et souvent pour moins d’efficacité.
Que boire pendant l’échauffement ?
2–3 gorgées d’eau ou d’isotonique tiède juste après l’échauffement, pour ne pas entrer “sec”.
💡 À lire aussi :
Préparation physique du footballeur amateur –
Nutrition du footballeur –
Respect et arbitrage amateur.