Préparation physique foot : reprise après vacances d’hiver
Reprise foot amateur : préparation physique post-vacances pour jeunes footballeurs (guide complet 4 semaines)
Les vacances d’hiver viennent de se terminer, les crampons ressortent des sacs et la première phrase qu’on entend sur le synthé, c’est souvent :
« Coach, j’suis cramé… ». Normal. Deux semaines de pause, un peu de fatigue accumulée, des repas de famille, moins de sommeil régulier,
et le corps décroche vite du rythme du championnat.
Le vrai défi pour un éducateur ou un préparateur physique, ce n’est pas juste de « reprendre l’entraînement ».
C’est de réussir une reprise intelligente : retrouver le niveau d’avant la trêve, limiter les blessures, relancer la machine mentale
et poser les bases d’une grosse fin de saison.
Elle prépare les six derniers mois de compétition, là où se jouent les montées, les maintiens, les titres… et parfois l’envie de continuer ou d’arrêter.
Ce guide donne une trame claire pour les catégories U14 à U19 : ce qui se passe dans le corps pendant la trêve,
comment organiser les 4 premières semaines, quels exercices privilégier, comment limiter la casse au niveau des blessures
et comment garder tout le monde motivé, des titulaires aux remplaçants.
1. Ce que les vacances d’hiver font vraiment au corps des jeunes joueurs
Deux semaines sans entraînement structuré, c’est long pour un organisme habitué à bouger 2 à 4 fois par semaine.
On ne parle pas d’un simple « repos », mais d’un déconditionnement.
Même si certains ont continué à jouer au city, à courir ou à faire un peu de muscu, le corps n’a plus les mêmes repères.
1.1. Baisse de l’endurance et de l’explosivité
Globalement, on constate chez les jeunes footballeurs :
- –10 à –15 % de capacité aérobie (l’endurance qui permet de tenir un match à bonne intensité) ;
- jusqu’à –20 % de force et d’explosivité sur les sprints et les sauts ;
- une coordination un peu « rouillée », surtout sur les changements de direction et les appels répétés.
Sur le terrain, ça donne quoi ? Un joueur qui, en décembre, enchaînait les aller-retours sans souci,
se retrouve en janvier à souffler après trois sprints. Les frappes perdent en puissance, les premiers appuis sont moins tranchants,
les retours défensifs se font une seconde trop tard. Bref, le moteur démarre, mais pas encore en mode compétition.
« Coach, j’ai l’impression d’avoir pris 10 kilos pendant les fêtes… alors que j’ai juste perdu du rythme. »
1.2. Des effets différents selon l’âge et la maturité
Tous les jeunes ne réagissent pas pareil à la trêve. L’âge, la croissance, la maturité musculaire, les habitudes de vie…
tout ça joue énormément.
-
U14-U15 : le corps est en pleine croissance.
Ils récupèrent vite, mais ils sont aussi fragiles au niveau des genoux, des talons, du dos.
Le risque Osgood-Schlatter, Sever ou lombalgies augmente si on repart trop fort, trop vite. -
U16-U17 : période charnière.
La masse musculaire se développe, le gabarit change, le centre de gravité bouge.
Ne pas tenir compte de ça, c’est prendre le risque de surcharger un corps qui est déjà en train de s’adapter. -
U18-U19 : corps presque mature, profils proches du niveau senior.
Ils ont parfois besoin de charges plus lourdes pour progresser… mais une reprise mal gérée se paye cash
en blessures musculaires et en lassitude mentale.

Cette image illustre le thème de la préparation physique post-vacances d’hiver, un moment clé dans la saison football amateur.
Les jeunes joueurs reprennent le chemin des terrains, souvent dans le froid, sous les directives de leurs éducateurs.
L’objectif : relancer l’endurance, la proprioception, le fractionné et les étirements, pour finir la saison plus fort.
« Si tu fais le même programme à un U15 qui a pris 10 cm en six mois et à ton U19 qui pousse en muscu depuis deux ans,
tu n’aides ni l’un ni l’autre. »
2. Les 4 grands objectifs d’une reprise intelligente
Avant de sortir les plots et les chasubles, il faut être clair sur ce qu’on veut vraiment.
La reprise post-vacances, ce n’est pas une punition, ni un stage commando. C’est une période de réglage fin.
2.1. Retrouver le niveau d’avant la trêve… sans brûler les étapes
Objectif réaliste : retrouver 100 % du niveau physique d’avant la trêve en environ 3 semaines.
Pas en 3 séances.
Les séances « on va vous finir » la première semaine, ça donne surtout des joueurs rincés, démotivés et blessés.
2.2. Mettre la prévention des blessures au centre du projet
Les premières semaines de reprise concentrent une grosse partie des blessures de la saison.
Le mental a envie de repartir à fond, mais le tendon, la cheville et les ischios ne sont pas encore prêts.
D’où l’importance de rentrer systématiquement dans chaque semaine avec un bloc :
proprioception, renforcement des chevilles, gainage.
Ce n’est pas du « bonus », c’est l’assurance-vie de ton effectif.
2.3. Préparer la phase décisive du championnat
Janvier-février, c’est la coulisse.
Avril-mai, c’est la scène.
La reprise post-vacances d’hiver sert à construire des joueurs capables d’enchaîner les matchs importants,
les fins de rencontre sous pression, les déplacements compliqués sous la pluie.
« On ne gagne pas la saison en janvier, mais on peut la perdre là. Soit tu construis, soit tu improvises. »
2.4. Individualiser en fonction du profil de chaque joueur
Un joueur qui revient d’une blessure, un gardien en manque de confiance, un milieu qui a clairement manqué de sérieux pendant les fêtes…
Tous n’ont pas la même entrée dans la reprise.
L’idéal : un suivi simple, mais clair :
- état de forme ressenti (échelle 1 à 5),
- douleurs ou gênes,
- qualité du sommeil,
- motivation et plaisir à revenir au club.
3. Phase 1 – Réveil musculaire et articulaire (jours 1 à 7)
Les cinq à sept premiers jours sont les plus sensibles. La tentation de « rattraper le temps perdu » est forte,
mais le corps envoie d’autres signaux. Le mot d’ordre : réveiller, pas casser.
3.1. Mobilisation articulaire (10 minutes)
Tous les entraînements de reprise devraient démarrer par une séquence de mobilité :
- rotations de chevilles, genoux, hanches, épaules : 2 × 10 répétitions ;
- cercles de bassin, flexion-extension de colonne ;
- petites montées de genoux et talons-fesses progressives.
Tu peux en profiter pour lancer le thème de la séance, rappeler les objectifs de la reprise,
poser un cadre tranquille mais sérieux.
Idée de vidéo YouTube à intégrer pour illustrer l’échauffement complet :
Foot échauffement, 1ère partie, enfants 8-12 ans (Actibloom)
3.2. Activation musculaire ciblée (15 minutes)
Objectif : rallumer progressivement les principaux groupes musculaires sollicités en match.
- Squats au poids du corps : 3 × 12, tempo contrôlé.
- Fentes avant alternées : 3 × 10 de chaque jambe.
- Ponts fessiers : 3 × 15.
- Planches abdominales : 3 × 30 à 45 secondes.
« Un squat propre, c’est un genou qui tient 30 matchs. Un squat brouillon, c’est un genou qui tient une demi-saison. »
3.3. Coordination et vivacité (10 minutes)
Une fois le corps « chauffé », on peut déclencher la partie plus neuromusculaire :
- échelle de rythme (montées, latéraux, croisements) ;
- sauts multidirectionnels légers ;
- réactions sur signal (visuel ou sonore).
Intensité ressentie : 6/10 maximum. Le but n’est pas de mettre K.O.,
mais d’aider le joueur à retrouver ses appuis, ses sensations de jambes, son timing.
4. Phase 2 – Refaire le socle d’endurance (semaines 1 et 2)
Sans base cardio solide, impossible de tenir un match entier, encore moins enchaîner plusieurs week-ends d’affilée avec rythme et lucidité.
4.1. Semaines 1 et 2 : endurance fondamentale
Volume conseillé pour les jeunes à partir de U14 :
- 3 séances cardio/semaine intégrées à l’entraînement ;
- 20 à 25 minutes de footing continu à 60–70 % de la FCM ;
- repère simple : les joueurs doivent pouvoir discuter sans être asphyxiés.
Pour éviter l’ennui, intégrer le ballon :
- jeux de conservation à touches limitées ;
- ateliers passes + déplacements ;
- travail de conduite de balle sur grandes distances.
« Quand je veux que ça passe bien, je camoufle l’endurance dans les jeux à thème. Les joueurs se dépensent sans regarder l’horloge. »
4.2. Semaine 3 : consolidation
À partir de la troisième semaine, on peut monter légèrement en volume et en difficulté :
- 30 à 35 minutes de course continue ;
- quelques passages en côte légère ;
- enchaînement avec un petit jeu réduit (4v4) pour finir.
5. Phase 3 – Cardio spécifique foot (semaines 3 et 4)
Une fois la base en place, on passe au travail qui se rapproche le plus d’un match :
intensité élevée, efforts répétés, récupération incomplète.
5.1. Fractionné court : développer la puissance aérobie
Exemple de séance pour U16-U19 :
- 10 × 30 secondes à 85–90 % FCM / 30 secondes de récupération active ;
- course en avant, changements de direction, ballon possible sur certaines répétitions.
L’idée est de rapprocher progressivement la charge de ce qu’un joueur vit pendant la rencontre : sprint, récupération, sprint, etc.
5.2. Intervalles moyens : tenir les séquences longues
- 6 × 2 minutes à 80–85 % FCM / 2 minutes de récupération ;
- possible en jeu à thème (attaque/défense, supériorité numérique…).
5.3. Jeux réduits intensifs
4v4 ou 5v5 sur terrain réduit, 4 minutes de jeu / 2 minutes de récupération, à répéter 4 à 6 fois selon l’âge.
Le corps s’adapte pendant la récup, pas pendant le sprint.
Idée de vidéo YouTube pour illustrer le travail fractionné terrain :
Fractionné – Football (exemple de séance complète)
6. Prévention des blessures : proprioception, chevilles, gainage
La prévention ne fait pas gagner un match le dimanche…
mais elle évite de perdre trois titulaires pour un mois.
6.1. Proprioception : l’équilibre et les appuis
- équilibre unipodal (sur une jambe), 30 secondes, yeux ouverts puis fermés ;
- 3 séries par jambe ;
- progression : surface instable (coussin, tapis plié…).
6.2. Renforcement des chevilles
- élastique dans 4 directions (flexion, extension, inversion, éversion) ;
- cercles de cheville avec petite charge ou simple résistance élastique ;
- mini-sauts sur place en variant les orientations.
6.3. Gainage et stabilité du tronc
- planche frontale : 3 × 30–45 secondes ;
- planche latérale : 3 × 30 secondes de chaque côté ;
- gainage dynamique (rotations, dead bug, bird dog) pour renforcer la liaison haut/bas du corps.
« Un joueur qui tient bien son gainage, c’est un joueur qui se tord moins la cheville,
qui garde son équilibre dans les contacts et qui termine ses saisons en meilleure santé. »
- 5 minutes proprioception (équilibre + surface instable),
- 5 minutes chevilles à l’élastique,
- 5 minutes gainage.
7. Étirements et récupération : finir propre, repartir frais
Les étirements mal utilisés font débat, mais quelques repères simples peuvent servir de base solide.
- Étirements statiques uniquement après l’effort, jamais à froid.
- 20 à 30 secondes par muscle, sans à-coups, en respirant calmement.
- Groupes prioritaires : quadriceps, ischio-jambiers, mollets, adducteurs, fléchisseurs de hanche, bas du dos.
Juste avant, prévoir 5 minutes de retour au calme en footing très léger ou marche active,
histoire d’aider l’organisme à éliminer un minimum les déchets.
Idée de vidéo YouTube sur les étirements pour jeunes joueurs :
Les différents types d’étirements | Football (TK Foot Training)
8. Planification type sur 4 semaines
Un exemple de trame à adapter à l’effectif, aux terrains et au nombre de séances par semaine.
8.1. Semaine 1 – Réadaptation tranquille
- séances de 60 à 75 minutes ;
- mobilité + activation + jeu simple ;
- footing léger 15–20 minutes avec ballon ;
- proprio + gainage systématiques.
8.2. Semaine 2 – Reconstruction
- séances 75–90 minutes ;
- endurance 20–25 minutes à 70–75 % FCM ;
- introduction de fractionné léger (ex : 8 × 30’’ / 30’’) ;
- plus de jeux réduits, toujours avec prévention en fin de séance.
8.3. Semaine 3 – Intensification contrôlée
- séances 90 minutes ;
- fractionné court et intervalles moyens ;
- 4v4 / 5v5 intensifs, 4’/2’ ;
- tests de vitesse et ressenti de fatigue au rendez-vous.
8.4. Semaine 4 – Affûtage
- volume total légèrement réduit ;
- intensité maintenue mais plus de récup ;
- rapprochement du format match (jeux à thème, travail sur les transitions) ;
- prise d’informations sur le ressenti des joueurs avant retour en compétition.
9. Adapter selon la catégorie : U14, U16, U18
9.1. U14-U15 : progressivité maximale
Durée de séance 60–75 minutes, récupération plus longue, beaucoup de travail technique et coordination.
Attention particulière aux signaux de douleur : genoux, talons, dos.
9.2. U16-U17 : équilibre technique – physique
75–90 minutes, intensité progressive mais contrôlée.
C’est le bon moment pour installer des bases de renforcement musculaire (léger, maîtrisé).
9.3. U18-U19 : approche semi-senior
90–120 minutes possibles, avec bloc athlétique plus poussé et travail spécifique par poste (latéraux, 6, attaquants, etc.).
La gestion de la charge mentale (école, exam, travail) devient aussi un facteur important.
« À cet âge-là, ils ne sont plus des gamins. Mais ils n’ont pas encore le coffre des seniors.
La reprise, c’est là où tu vois qui est carré dans la préparation. »
10. Suivi et évaluation : mesurer pour ajuster
Travailler, c’est bien. Voir si ça marche, c’est mieux.
10.1. Tests physiques simples et utiles
- Test navette type Vameval pour la VMA et l’endurance ;
- sprint 30 m départ arrêté pour la vitesse pure et l’explosivité ;
- test de Ruffier pour la capacité de récupération cardiaque.
10.2. Questionnaire fatigue hebdomadaire
- Qualité du sommeil ?
- Douleurs musculaires ou articulaires ?
- Niveau de fatigue général ?
- Envie de venir à l’entraînement ?
Si un joueur stagne ou régresse, il ne s’agit pas forcément de lui « en mettre plus ».
Au contraire : baisser l’intensité de 10–15 % quelques séances et augmenter la récupération
permet souvent de repartir sur de meilleures bases.
11. Liens utiles pour aller plus loin
-
Étirements et prévention des douleurs Osgood-Schlatter / Sever chez les jeunes
-
Tactiques foot à 5 pour U6-U9 : comprendre la base avant le grand terrain
-
Tactiques de foot à 11 : forces, faiblesses et comment les contrer
12. CTA – planning PDF et ressources club
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Le bouton PDF se débloque après un clic sponsor. Sécurité côté serveur activée.Conclusion : une reprise bien gérée, une fin de saison qui change
La trêve d’hiver coupe le rythme, casse la dynamique, mais elle offre aussi une chance :
remettre les compteurs à zéro et repartir sur des bases plus propres.
Une reprise bâclée laisse des traces jusqu’à la fin de la saison. Une reprise pensée, progressive,
individualisée, peut transformer une équipe qui subissait physiquement en groupe capable de finir fort.
La clé ? De la patience, de la clarté, des routines simples (proprio, gainage, étirements),
beaucoup d’écoute et des séances qui ont du sens pour les joueurs. Quand le vestiaire comprend pourquoi il bosse,
il accepte plus facilement la charge de travail.
« Je ne vous demande pas d’être des machines, je vous demande d’être prêts.
Prêts à courir pour les autres, prêts à finir fort la saison, prêts à sortir du terrain fatigués mais fiers. »
La préparation physique post-vacances, ce n’est pas juste remettre les jambes en route.
C’est investir sur l’avenir des jeunes, leur santé, leur plaisir de jouer… et les émotions qu’ils vivront
sur les terrains de février à juin.
FAQ – Reprise physique après les vacances d’hiver
Combien de temps faut-il pour retrouver la condition d’avant la trêve ?
En général, compter environ 3 semaines de travail progressif bien organisé.
Certains joueurs iront un peu plus vite, d’autres auront besoin de plus de temps, surtout s’ils ont peu bougé pendant la trêve
ou reviennent de blessure.
Faut-il refaire courir les joueurs avant de rejouer avec ballon ?
Oui, il est utile de reconstruire un socle d’endurance, mais le ballon ne doit pas disparaître.
L’idéal : mixer footing, jeux de conservation, ateliers techniques et travail spécifique,
pour que le cardio remonte sans perdre le plaisir de jouer.
Les étirements doivent-ils être faits avant ou après l’entraînement ?
Les étirements statiques sont à réserver pour après l’effort.
Avant la séance, mieux vaut privilégier l’échauffement actif, la mobilité et des mouvements dynamiques.
Les étirements à froid sont à éviter.
Comment limiter le risque de blessures à la reprise ?
En misant sur trois axes : progressivité des charges,
travail de proprioception et de gainage 2 à 3 fois par semaine,
et écoute des signaux envoyés par les joueurs (douleurs inhabituelles, fatigue anormale, baisse de motivation).
Les jeunes peuvent-ils faire de la musculation à la reprise ?
Oui, mais de façon encadrée, avec une technique propre, des charges adaptées et en respectant la croissance.
Pour les U14-U15, on reste sur du poids de corps et de légères résistances.
Pour les U16-U19, on peut progressivement structurer un travail de force plus classique.